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Inserdiag : Un outil financier adapté aux Jardins de Cocagne

Inserdiag : Un outil financier adapté aux Jardins de Cocagne

A gauche, J-L Abadie, président des Jardins de Bigorre

En 1995, les Jardins de Bigorre ouvrent leurs portes à Aurensan dans le département des Hautes-Pyrénées (65) et deviennent le 5ème Jardin de Cocagne en activité.

Alors que les Jardins subissaient un déficit structurel depuis plusieurs années, ils ont bénéficié en 2015 d’un accompagnement spécifique par le biais de l’outil Inserdiag. Cet outil gratuit pour le Jardin, est dédié aux structures de l’insertion par l’activité économique pour réaliser un autodiagnostic économique et financier.

 

Le point avec Jean-Louis Abadie, Président des Jardins depuis leur création.

M. Abadie, quelle était la situation des Jardins à l’époque ?

J-L Abadie : Nous étions en déficit structurel depuis deux ou trois ans. Nous ne pouvions pas nous permettre de cumuler un déficit éternellement… D’autant que la contrainte de notre conventionnement (les ACI ne peuvent pas dépasser 30 % d’autofinancement) peut dans les faits s’avérer parfois contradictoire avec une bonne santé financière.

Thierry, le Responsable de la consolidation et du développement des Jardins du Réseau Cocagne s’est déplacé sur le Jardin et nous a proposé d’approfondir la situation économique du Jardin : de comprendre notre fonctionnement, d’étudier les forces et faiblesses de la structure, etc. C’est important d’être capable de prendre du recul sur la situation. Un avis externe allait nous permettre d’ouvrir avec plus d’aisance de nouvelles fenêtres pour nous remettre en question afin d’améliorer les choses.

Comment avez-vous vécu la mise en place de l’outil ?

J-L Abadie : Nous avions confiance. La directrice des Jardins, Viviane Cardheilac, a travaillé main dans la main avec Thierry. Nous sommes satisfaits car ce diagnostic simple à appliquer est concluant et pertinent.

Quelles ont finalement été les conclusions de l’Inserdiag ?

J-L Abadie : La vente totale des légumes ne couvrait pas le coût du personnel permanent. Avec la mise en place de l’Inserdiag, nous avons été encouragés à nous rapprocher du Jardin de Cocagne le plus proche, Cahuzac-sur-Adour dans le département du Gers (32) afin de mutualiser le personnel.

Quel est le chemin parcouru depuis ?

J-L Abadie : Eh bien, nous avons suivi les conclusions de l’Inserdiag ! L’objectif était clairement de baisser nos charges à tout point de vue. De fait, nous avons d’abord mutualisé le poste de Viviane qui se rend un jour par semaine sur le Jardin solidaire de l’Adour à Cahuzac-sur-Adour. Nous espérons faire de même avec un poste d’encadrant maraîcher.

Dans cette même perspective, nous mutualisons désormais le matériel (semoir de précisions, serres), nous passons des commandes groupées pour bénéficier des meilleurs prix et échangeons des légumes.

Nous essayons aussi de travailler sur des projets communs. En effet, le Jardin solidaire de l’Adour se dirige vers un nouveau débouché prometteur, celui des cantines scolaires. Nous allons travailler ensemble sur ce projet.

Et puis Viviane notre directrice a véritablement pu améliorer ses compétences en gestion financière. Mais il faudra attendre 2017 pour le prouver.

Pour finir, le Président du Conseil d’administration du Jardin solidaire de l’Adour Jacques Hamel a même intégré notre Conseil d’administration !

Cette démarche vous permet-elle de communiquer plus efficacement avec vos financeurs ?

J-L Abadie : C’est une certitude. La Direction du travail ou notre Groupement d’employeurs nous encouragent vivement à réaliser ce type de démarche. Cette nouvelle lisibilité financière permet désormais d’obtenir plus de crédibilité auprès des politiques. De façon générale, nos partenaires nous font davantage confiance, ils sont rassurés.

Recommanderiez-vous à d’autres Jardins de Cocagne de réaliser ce diagnostic proposé par l’Avise et mis en œuvre par le Réseau Cocagne?

J-L Abadie : Oui tout à fait. Nous avons tous le nez dans le guidon, il est impossible pour nous de tout voir et difficile de nous projeter. Malheureusement, il nous arrive de passer à côté de certaines choses. C’est important de se remettre en question. Le dispositif Inserdiag est gratuit, et par rapport à d’autres dispositifs, c’est un expert des Jardins de Cocagne qui nous accompagne, donc on sent que l’accompagnement est sérieux et sur-mesure, la démarche n’en est que plus efficace.

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