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Les actualités du Plan serres + filières bio solidaires

Quand les administrateurs du Réseau Cocagne pensent le futur des Jardins

Issu d’une réflexion d’administrateurs (la résilience des jardins), puis d’une proposition de Dominique Hays, le Plan « Marshall » serres a été imaginé au séminaire de l’été 2016 (regroupant CA et permanents du Réseau), puis présenté au séminaire 2017 sur la base des besoins recensés des jardins. Un appel d’offre aux fournisseurs avec une négociation des remises avait alors été opéré par Denis Mulliez, l’administrateur référent (Président du Jardin de Cocagne, les Nouveaux Jardins de la solidarité). Le potentiel d’augmentation de la production suite à ces investissements potentiels avait fait l’objet d’une étude par Timothée Huck, membre du CA et directeur du Jardin de Cocagne de la Voie Romaine.

En fin d’année 2017, à la demande de l’équipe projet, AG2R La Mondiale, finance l’accompagnement par France Active national et régional, en lien avec les territoires, de la méthodologie économique et organisationnelle permettant la réalisation de ce plan « Marshall » dans la démarche des investissements matériels liés à ces nouvelles capacités de production.

A l’issue d’une présentation du RC sur le stand de l’Agence Bio au Salon international de l’agriculture, l’opportunité de répondre à l’AAP Avenir Bio se présente début mars 2018 : sur les 57 Jardins qui s’étaient déclarés intéressés début 2017, 30 Jardins concrétisent leur demande, pour un montant de 0,75M € (ciblé uniquement sur les serres). Or l’objectif du Fonds Avenir Bio est la structuration des filières en agriculture biologique, il y a donc matière à dépasser la production pour aborder les services économiques amont-aval.

Ainsi, lors de l’Assemblée Générale du 29 mars 2017 et suite à l’annonce faite d’un financement privé acquis pour l’achat de serres et d’irrigation, par le Président, Dominique Hays (lettre d’info du 23 mars 2018), une équipe du Réseau se mobilise pour rappeler les 57 jardins. 53 jardins répondent alors en vue de la présentation du projet à Avenir Bio, mobilisant plus de 7 Millions d’euros d’investissements (tunnels, matériels, stockage, véhicules de livraison).

D’où le nom de « Plan serres + filières bio solidaires ».

L’enjeu de l’organisation collective des projets pour une action nationale

Si chaque structure gère ses besoins et ses décisions, dans une démarche collective de levée de fonds, il faut bien organiser la demande (temporalité, volume, thématique…) de surcroît dans un cadre réglementaire donné (Avenir bio). Ainsi, une commission de travail avec des membres du CA (Denis Mulliez, François Chapon) et des permanents s’est tenue le 26 avril 2018 afin de déterminer pour les 53 jardins :

  • Les enveloppes possibles allouées à chaque jardin en fonction des sommes remontées en excluant la partie bâtiment et conserverie/transformation.
  • Une répartition du fonds Avenir Bio se situant entre 28 K€ et 58 K€ par Jardin (soit 1,5 M/ 53), en fonction des besoins d’investissements.
  • Une répartition par année devant respecter la temporalité Avenir Bio (250 K€ en 2018, 250 K€ en 2019, (phase 1), 500 K€ 2020 (phase 2), 500 K€ 2021 (phase 3).

Compte tenu des montants susceptibles d’être alloués, les matériels (hors ceux liés à l’irrigation) inférieurs à 5 000 € n’ont pas été retenus.

  • Un pointage des pièces administratives (plus particulièrement le projet de développement des filières sur les territoires) s’est alors effectué, avec l’analyse des plans de financement..
  • Tous ces plans d’investissements et les présentations des projets ont été retravaillés :
    • Avec les jardins quand il s’est agi d’arbitrer ces investissements en fonction des ratios d’endettement, des CAF et de leur financement possible.
    • La règle étant : pas d’autofinancement et emprunts > à 30% sur 4 ans.

45 Jardins ont pu alors être retenus, représentant un montant d’investissements de près de 6 Millions d’euros.
Le dossier d’appel à projet du Fonds Avenir Bio, porté par Terre d’Opale, a été déposé le 18 mai.

Une fois ouvert le « champ des possibles », quels accompagnements pour la décision d’investissement ?
Ce que les Jardins décident de faire comme investissements dans le contexte historique de développement de la filière bio influera logiquement sur leur situation pour de nombreuses années. Se joue là le contexte, les enjeux et l’accompagnement de France Active mandaté par AG2R dans le cadre de son fonds d’expertise partenarial suite à la proposition de l’équipe projet du réseau Cocagne:

Le contexte :

Une massification de l’offre bio en réponse à une demande en forte croissance qui appelle un besoin de renforcement et d’innovation des filières locales.

La filière bio connait en effet une croissance sans précédent depuis quelques années avec 6,5% de la SAU, et une progression des ventes de légumes bios de +28% entre 2015 et 2016. Plus de 70% de nos concitoyens déclarent consommer bio et soutenir des attentes sociétales fortes (environnement, qualité, emploi).
Les ventes de légumes bio représentent 626 Millions d’euros (production Europe) en 2016, 171 Millions le sont en vente directe. Les Jardins de Cocagne (13,6 M€ en 2016) en représentent 8%, et sont par conséquent un acteur majeur d’un point de vue économique. L’objectif est d’augmenter de 23% le CA autoproduit (chiffre d’affaires ventes de légumes corrigé des achats de légumes).
Pour poursuivre leur mission sociale, les Jardins de Cocagne doivent continuer à pouvoir se doter des moyens de production, de commercialisation et humains nécessaires.

Les enjeux :

Afin de mener à bien la réalisation de ces projets, AG2R La Mondiale, finance l’accompagnement des jardins de Cocagne par France Active, lequel met bien en évidence les enjeux de ce plan pour les adhérents du RC : « L’accompagnement France Active, grâce au soutien d’AG2R/AGESICA, vise à appuyer le Réseau Cocagne dans le cadrage du « Plan Serres + », en fonction d’indicateurs économiques et organisationnels : capacité d’autofinancement, d’endettement, ratios économiques et financiers, ressources humaines…. France Active et ses Associations Territoriales, vont ainsi accompagner les Jardins de Cocagne dans leurs montages économiques et financiers, afin de permettre la structuration des cofinancements complémentaires si besoin. L’objectif est de sécuriser les Jardins de Cocagne dans leurs investissements en serres, en permettant d’estimer une bonne adéquation entre l’investissement, la capacité économique, financière et organisationnelle de chaque Jardin, et les débouchés, tout en tenant compte des alliances possibles sur chaque territoire avec les partenaires de l’ESS et de la filière Bio ».

Quatre messages sont à partager avec les Jardins :

  • développer l’axe économique dans un contexte général de baisse des subventions ;
  • proposer une offre concurrentielle et adaptée à l’évolution du marché ;
  • maîtriser les charges dans un contexte de changement ;
  • structurer son plan de financement.

La bonne adéquation entre tous ces enjeux sera la clef du succès.

Les investissements remontés s’inscrivent dans ce contexte de projet de filières bio solidaires, né du constat que le nouveau contexte du marché appelle un renforcement des spécificités de ces filières locales en vente directe, sur les enjeux de coopération entre acteurs pour la production, la transformation, la collecte et la distribution.
L’impact attendu du Plan serres + est de faire monter le taux de couverture moyen du Réseau à 13% (en 2017 10,5%).

Une synthèse de ce rapport vous sera restituée dans la prochaine lettre d’infos après la validation des 15 Jardins.
La transmission de ce même rapport finalisé et du modèle d’aide à la décision sera effectuée le 9 juillet à l’ensemble des jardins de Cocagne ainsi qu’aux Associations territoriales France Active.
Des réunions régionales avec les 30 autres jardins concernés par le plan serres sont actées en septembre et octobre 2018 afin de commenter cette note et l’outil d’aide à la décision élaboré. Ces réunions seront élargies à l’ensemble des autres jardins de Cocagne.