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- L’insertion au service de la filière agricole pour favoriser l’alimentation locale et solidaire

L’insertion au service de la filière agricole pour favoriser l’alimentation locale et solidaire

Et si Economie Sociale et Solidaire avait des solutions à proposer aux agriculteurs pour répondre aux problématiques de modèles économiques des circuits courts, de main d’œuvre, de renouvellement des générations ? Et si le moment était venu de penser des systèmes alimentaires durables qui s’adressent aussi bien aux catégories les plus aisées qu’aux plus précarisés, tout en étant viable pour les producteurs ? Le Réseau Cocagne travaille, à la demande du Ministère de l’insertion, à la création de nouveaux emplois entre 2021 et 2022. En collaboration avec le monde agricole, le Réseau Cocagne propose de mettre ces création d’emplois au service des Projets Alimentaires Territoriaux plus inclusifs (transformation, conditionnement, distribution, unités de main d’œuvre pour les entreprises du secteur, médiation sociale, …). Le Réseau Cocagne est lauréat de l’appel à projet « Alimentation locale et solidaire » porté par le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation dans le cadre de France Relance. Le Réseau Cocagne souhaite mobiliser tous les réseaux professionnels agricoles et les collectivités territoriales pour co-construire ensemble des « Projets Alimentaires Territoriaux Bio Solidaires » et définir le rôle que pourraient y jouer de nouveaux Jardins de Cocagne.

1. 30 ans d’expérience en maraîchage biologique d’insertion 

Depuis la première ferme en 1991, le Réseau Cocagne rassemble plus de 100 fermes maraîchères biologiques en insertion en France. Avec 30 ans d’expérience dans le domaine du maraîchage biologique diversifié, le Réseau Cocagne a eu à cœur de professionnaliser la pratique agricole de ses adhérents Aujourd’hui, les Jardins de Cocagne sont des fermes reconnues comme telles cultivant de 2 à 10 ha, grâce à :

  • la connaissance technique d’un chef de culture maraîcher
  • et le travail de 20 à 50 salariés en parcours d’insertion qui sont sur les Jardins pour une période maximale de 2 ans dans le but de reprendre confiance en eux, de se former en situation de travail et de construire le projet professionnel pour retrouver un emploi durable.

Le Réseau Cocagne, membre du RNPAT, accompagne désormais ses adhérents (membres des groupements d’agriculture bio – GAB) dans leur ancrage territorial, avec pour objectif de mettre les atouts et les dispositifs de l’Insertion par l’Activité Economique (IAE) au service de la construction de circuits bio en partenariat avec secteur professionnel agricole pour alimenter la population locale, y compris les plus isolés. Les adhérents Cocagne aujourd’hui 5 650 salariés (dont 4 800 en insertion), 600 ha certifiés AB, plus 1 200 000 paniers Cocagne distribués dans 1 500 points de retrait partout en France.

 2. La transition alimentaire : du travail pour ceux qui n’en ont pas ?

L’alimentation n’est pas un bien comme les autres : sa production et sa consommation ont un impact sur notre environnement et notre santé. Aujourd’hui, la nécessité d’une transition s’impose, d’une part, vers une reterritorialisation du système alimentaire, d’autre part vers une révolution agro-écologique. Cette transition repose notamment sur les richesses humaines que le secteur saura mobiliser. En effet, le secteur agricole est le secteur économique qui emploie le plus de travailleurs détachés (Rapport de la Cour des Comptes sur le travail détaché (6 fev 2019)), il est confronté à une problématique de renouvellement des générations agricoles) et les fortes mutations des fermes entraîne une augmentation du salariat (Actif’Agri, rapport du Ministère de l’Agriculture (2019))

  • Les Jardins de Cocagne sont de véritables exploitations agricoles en termes de surfaces, d’équipements et de compétences techniques : ils forment au maraîchage bio, à la saisonnalité, aux nombreuses variétés de légumes, à la commercialisation en circuit court et à la logistique.
  • Par la diversification de leurs activités, les Jardins de Cocagne forment aux métiers de l’agro-alimentaire et bien plus encore : transformation, hygiène & qualité, distribution, restauration, relation client, mais aussi animation de chantiers pédagogiques, vente en ligne & outils web.
  • Structures apprenantes agiles et non lucratives, les Jardins de Cocagne ont la capacité d’être des leviers structurants sur leurs territoires et de proposer des solutions innovantes en matière d’accessibilité alimentaire, de formations, et de parcours à l’installation, …, en coopération avec les professionnels de la filière agricole.

3-Et si on parlait de justice sociale lorsque l’on construit des systèmes alimentaires territoriaux ?

Penser la transition au bénéfice des plus précaires : Penser l’usage des biens, notamment des biens essentiels, à partir des contraintes des personnes en situation de précarité, c’est les penser pour tous. L’inverse n’est pas vrai. Le projet que le Réseau Cocagne lance aujourd’hui a pour vocation de faire se confronter les visions entre organisations professionnelles agricoles, réseaux de l’insertion par l’activité économique et associations de lutte contre la pauvreté pour arriver ensemble à des systèmes alimentaires de qualité qui pensent la place des plus précaires dès leur conception tout en préservant la juste rémunération des producteurs

Former les futurs paysans? L’exemple du projet « courte échelle » dans la Drôme

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Ahmed Remaoun, encadrant-formateur pour l’association « Parenthèses » adhérent Cocagne est un ancien maraicher professionnel Lorrain qui a élu domicile près de Romans dans la Drôme et aujourd’hui animateur du projet « courte échelle » lauréat France relance (FDI ministère Insertion 2021). 5 salarié-e-s (hors cadre familial) en insertion viennent d’être recrutés mi-avril 2021, un sixième devrait suivre, dans le cadre du dispositif AFEST (action de formation en situation de travail) qui va durer deux ans à l’issue desquelles, les salarié-e-s deviendront ouvrier agricole ou s’installeront à leur compte. le CFFPA local est partie prenante de leur formation dans le cadre du nouveau BPREA. 3 hectares sont alloués par l’agglo Valence Romans pour ce projet, soit 6 micro fermes de 4000m2 chacune avec en tout 3000m2 de serres froides… Pour Ahmed, « on part sur 1/3 de formation théorique, 1/3 de mise en situation et 1/3 de réflexivité sur leurs pratiques. il s’agit de partir sur du maraichage « à la française » avec des buttes permanentes, étroites, travaillées au motoculteur, sol vivant, pour acquérir une expérience sur les fermes urbaines; ils travailleront par ailleurs sur un format plus classique au sein de nos deux jardins de Cocagne. Le droit à l’erreur est évidemment permis au bout des premiers six mois. » Ce projet s’inspire notamment du dispositif  « fais pousser ton emploi » créé par le jardin de Cocagne de Lorient.

En savoir plus :

 

Contacts presse:

Angélique Piteau – Réseau Cocagne

communication@reseaucocagne.asso.fr